Sinaloa-sur-Seine

Me defino sinaloense y bohemio. Si debo añadir algo más, citaría a René Char: "Creo en la magia y la autoridad de las palabras".

La ballade du nord-ouest – Los Mochis en décembre 2008

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Le soleil couchant à Los Mochis

Los Mochis est une ville au nord de l’état mexicain du Sinaloa qui a une population d’autour de 400.000 habitants. À l’origine, c’était un projet du socialisme utopique d’Albert Kimsey Owen, entêté à faire construire une ligne de chemin de fer qui puisse relier le Pacifique avec le centre des États-Unis— Kansas City— à travers de la Sierra de Chihuahua et de là relier New York par la route la plus courte possible. De cette époque il ne reste plus qu’une maison. Il est arrivé après l’usine-raffinerie de sucre de canne au début du XXe siècle et son boom comme site de production d’alcool pendant les années d’interdiction aux États-Unis. La ville est un centre commercial agricole, elle a un port bien équipé spécialisé dans le transport de grains.


On n’entend à Los Mochis que les  échos de la violence qui tenaille d’autres villes de l’état du Sinaloa. Les histoires des morts à Culiacán, les horreurs de la guerre, sont bien le thème des conversations, mais ici on ne vit le sursaut de violence qui, par contre, pendant la période des fêtes de fin d’année de 2007, les a taché de rouge. Los Mochis est une ville pacifique où on ne remarque pas les dégâts de la crise et l’ont vit dans un climat de prospérité. Mais la sentiment exprimé et redit est que quelque chose va très mal dans la politique du gouvernement fédéral qui laisse derrière elle une traînée de morts.

Don Carlos, un vieil agriculteur chevronné, qui a vu de tout dans la Sierra de Sinaloa, le dit clairement : “Calderón s’est trompé”. Il ne va pas plus loin dans ses propos, mais il comprend bien d’après son expérience que cette politique de drogues basée dans une guerre sans quartier ne va pas donner de bon résultat. Il comprend parfaitement: C’est une affaire de marchés, d’offre et demande, et les solutions policières génèrent beaucoup plus de maux qu’ils en éliminent.

Tombe la nouvelle que des militaires ont été décapités dans le Guerrero, cela est accueilli avec horreur. Des soldats en repos kidnappés, torturés et assassinés lors d’un attentat terroriste aussi percutant que les bombes à Morelia, Michoacán,  pendant les fêtes d’indépendance en septembre. Il s’agit cette fois-ci d’un cadeau de Noël pour l’Armée et le Président. Et tout au nom d’une mauvaise politique, d’une stratégie inefficace pour atteindre les objectifs visés, par contre très profitable pour les fabricants d’armes et pour les délinquants que, bien qu’ils investissent leurs vies, obtiennent en compensation d’énormes gains.

Puis, il nous parvient un article aux éléments cocasses : Miss Sinaloa part de chez ses parents en destination d’une posada (série de fêtes célébrées avant Noël) mais elle n’a pas dit avec qui elle partait. Ses mauvaises fréquentations la menèrent en prision, puisque son séducteur et ses amis portaient sur eux 18.000 dollars et un petit arsenal. Quel serait le métier de ces garçons? Cela en dit beaucoup de comment la politique de l’État fédéral n’est pas dissuasive ; bien  au contraire, cela n’a fait que créer un aura d’aventure dans une société qui se décompose devant un État qui montre,  sous tous les angles, son inefficacité.

Entretemps, la vie quotidienne s’écoule à Los Mochis pendant ces jours de fête. Ville aux larges rues en béton, aux centres commerciaux flambants neufs, aux pick-ups utilisés comme symbole de status social, a beaucoup des défauts du développement mexicain. Son patrimoine culturel dévasté, commençant par les vieilles maisons de la colonie utopique, connue ici sous le nom de “La Colonia Americana”, aujourd’hui supplantées par d’absurdes projets immobilier tels qu’une tour de 17 étages dont on vante sa vue du Farallón (Une îlot-rocher) en Mer de Cortés, qui est en train de devenir un “éléphant blanc”, quelque chose d’invendable, puisque ce projet propose des appartements dans une ville où l’on peut faire construire des maisons de plein-pied beaucoup plus adéquates au climat local, où le 23 décembre la température peut atteindre les 30°C même si la nuit peut être plutôt fraîche.

La ville n’est pas non plus très amiable pour les piétons. Pas un seul passage piéton sur des avenues sans feux tricolores : le premier qui arrive au carrefour c’est celui qui passe. Aucune promotion d’autres moyens de transport tels que le vélo. Seul de grandes avenues pour que des trocas— des pick-ups, symboles imaginaires de pouvoir— circulent. Et bien sûr, l’espace publique est ici aussi un espace de conquête, pas un lieu de vie en commun, malgré les gens tranquilles, gais et travailleurs qui déconstruisent le cliché du Sinaloense violent, à la gâchette facile et porté à la violation de la loi à la moindre provocation.

À Los Mochis, la cuisine est toujours une célébration. Des fruits de mer de première qualité et viande exceptionnelle offerts sur des trottoirs aux senteurs de barbecue à chaque coin de rue. Le Golfe de Californie à deux pas d’ici, ses eaux froides à la richesse biologique extraordinaire pourtant menacée par la déprédation et la pollution.

Entourée par la guerre, la ville reste un havre de paix qui, néanmoins, nous rappelle que nous sommes au Mexique, pays où l’État est si faible que les gens vivent sous hautes doses d’incertitude, où partir en vacances implique risquer son patrimoine car l’impunité protège les délinquants; où l’inefficacité fait autant de mal que la corruption et le crime.

Traduction (libre et) propre d’un article de Jorge Javier Romero, journaliste de La Crónica de Hoy paru en décembre 2008

Autor: F. Bachomo

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