Sinaloa-sur-Seine

Me defino sinaloense y bohemio. Si debo añadir algo más, citaría a René Char: "Creo en la magia y la autoridad de las palabras".

Fêtes du bicentenaire au pays où la violence fait rage

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Je suis bien du genre à me plaindre. Je ne le nie pas.

Mon beau-frère s’est fait tuer à Los Mochis le 31 août dernier. Ce n’était pas un gars qui cherchait les embrouilles mais un homme qui faisait vivre la petite famille qu’il avait construit avec ma sœur, leur petite aura bientôt 6 ans. C’était un brave gars, un maçon comme il y en a dans tous les pays du monde, il se débrouillait pas mal à donner une vie correcte à sa maisonnée.

Mais voilà que le soir du dimanche 30 au lundi 31 août il se retrouve avec un ami militaire dans un accident de la route, un simple accrochage d’après ce que ma sœur en larmes a pu me raconter. Accrochage accidentel ou provoqué? on ne saura jamais. La nuit n’est pas sûre, m’a dit mon frère hier au téléphone, on ne sort pas comme ça sur les routes de campagne. Portant mon beau-frère ne s’est pas fait tuer sur une route de campagne mais en pleine ville, sur le boulevard Centenario de Los Mochis— ouvert pour fêter le centenaire de la fondation de la ville par des communistes utopiques Américains—.


Puisque l’on parle de centenaire, le Mexique fête le soir du 15 septembre le début de sa Guerre d’indépendance en 1810 et le 20 novembre le début de sa Révolution en 1910. D’après La Jornada, le journal de gauche mexicain, on pourra contempler 18.000 militaires et un nombre non communiqué d’agents de la Police fédérale participer au défilé  du 16 septembre. Ce n’est pas les chiffres qui font le bonheur du commun des mortels mexicain ; des chiffres il y en a trop : 28.000 personnes ont trouvé la mort depuis l’arrivée au pouvoir de Felipe Calderón, depuis le début de SA guerre contre les cartels de la drogue. Quelque chose ne va pas.

Lors de mes dernières vacances  mexicaines en août 2009 j’ai pu voir combien le pays s’était militarisé. Je ne comptais plus le convois de militaires ou policiers fédéraux que l’on croisait à Los Mochis et Guasave ou sur les routes du nord du Sinaloa. Des hommes en uniforme, armés et cagoulés, souvent le doigt sur la gâchette qui ne me donnaient pas vraiment de sentiment de sécurité, pas plus qu’auparavant en tout cas. Le sentiment d’insécurité n’est pas quantifiable, c’est un concept abstrait qui varie d’une personne à une autre. On peut avoir plus ou moins peur que son voisin, ça ne dépend pas de la taille, de l’âge ou du sexe de chacun.

On peut s’apercevoir de la peur ambiante que respirent les mexicains dans chaque article de presse, dans chaque conversation que l’on a avec quelqu’un resté au pays, dans les narcocorridos récemment écrits, dans le sourire d’Edgar Valdez Villarreal dit “La Barbie”, dans l’excès communicatif de la Présidence du Mexique, dans les morts de plus en plus proches.

Cette peur s’effacera peu à peu, à fur et à mesure que le temps passera, à fur et à mesure qu’elle deviendra une habitude, à fur et à mesure que les peureux mourront, et à fur et à mesure que l’État disparaîtra ou qu’il arrêtera cette guerre qu’il est en train de perdre, moi je vois pas comment il pourrait la gagner.

L’État est en partie la source de cette peur puisque dans une guerre il y a deux côtés et les civils sont pris entre deux feux. Bang ! Un spot télévisé de M. le Président! Bang ! Bang ! Un narcocorrido ! Bang ! Bang ! Bang! Un rapport à la Nation ! Bang! Bang ! Bang! Bang ! Une voiture piégée ! Bang! Bang ! Bang ! Bang ! Bang ! Un tueur à gages arrêté ! Bang ! Bang ! Bang ! Bang ! Bang ! Bang ! Un militaire de repos tué avec un ami qui l’accompagnait !

Il n’y a que les cons qui prennent tout ce bruit pour des feux d’artifice pour fêter le bicentenaire. Bicentenaire de quoi? Bicentenaire de violence,  impunité, racisme et pauvreté.

Je voudrais bien que tout ça s’arrête, qui sais comment ça pourrait s’arrêter?

Para mí, narcos y Gobierno son todos unos hijos de puta.

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Autor: F. Bachomo

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